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LA CHRONIQUE DE « Doc Carbur » N° 11 Nos amies les chauves-souris ! (textes Doc Carbur, illustrations Erdé) page 1 page 2 |
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Vous détestez les moustiques ? Moi aussi !
Les chauves-souris mangent les moustiques : vivent les chauves-souris !!!
| SOMMAIRE
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La chauve-souris étonne, fascine ou effraie. Elle est depuis un demi
siècle en forte diminution et fait partie des animaux protégés.
De nombreux périls la guettent. Il y eut d'abord l'ignorance humaine
qui la fit passer pour un monstre qu'il fallait détruire, alors qu'elle
est en Europe totalement inoffensive (sauf ponctuellement en cas d'épidémie
de rage). Même le fameux vampire, qui a donné son nom au fabuleux
personnage qui hante depuis des décennies les écrans des salles
obscures, ne suce guère que le sang des plaies d'animaux de ferme et,
même si c'est fort gênant pour les éleveurs, cela n'entraîne
pas la mort de l'animal en quelques secondes comme on pourrait le croire.
Ni d'ailleurs sa résurrection sous forme de zombie assoiffé
de sang humain !

Nous sommes des passionnés du monde souterrain et à ce
titre nous avons à assumer notre part de responsabilité
dans les difficultés de survie de l'espèce. Certaines cavernes
ont abrité ou abritent encore des colonies de nidification de chauves-souris.
Nous croisons parfois sous terre des chiroptères endormis accrochés
aux voûtes et venus là se reposer avant de repartir en chasse
à la nuit tombée. Nous avons les moyens de faire connaître
à tous notre connaissance du milieu souterrain et de la faune qui
l'habite, nous avons aussi le devoir de faire notre possible pour respecter
ce petit animal sympathique et ne pas aggraver sa condition déjà
précaire. Il ne suffit pas d'en faire un symbole et de l'oublier
ensuite.
Bien des choses peu aimables ont été dites sur les spéléologues
assimilés parfois un peu vite aux touristes qui fréquentent
le milieu souterrain et sur leur responsabilité dans la disparition
des chauves-souris. Nous nous situons très fermement dans la première
catégorie des spéléologues non professionnels et,
bien que notre activité soit avant tout un loisir, nous revendiquons
haut et fort la part scientifique de la spéléologie de nos
illustres précurseurs. Ici, la surfréquentation de certaines
cavités a pu nuire à certaines colonies de chiroptères,
là ce sont les spéléos qui ont signalé les
refuges naturels à protéger. Bien souvent amoureux de la
nature et de ses mystères, les spéléologues amateurs
éclairés (c'est la moindre des choses) ne sont pas insensibles
à la dégradation du patrimoine souterrain et nous souhaitons
le dire haut et fort.
Si on ne sait rien de la vie des chauves-souris, il est impossible
de les protéger efficacement. On ne peut pas aimer ce que l'on ne connaît
pas ou mal. Voici donc quelques éléments de base qu'il sera bien
sûr utile de compléter par des lectures plus approfondies.
3.1 La famille des chiroptères
Voilà un ordre (groupe du vivant) de mammifères très
singulier : ce sont les seuls mammifères volants et, comme ce ne sont
pas des oiseaux, ils ne volent pas avec leurs ailes mais avec leurs mains !
Le mot savant "chiroptère" a remplacé l'ancien mot latin
"vespertilio". Chiroptère est le condensé francisé
de deux mots grecs "kheir" qui signifie "main" et "pteron"
qui signifie "aile". C'est bien avec les doigts de sa main reliés
par une peau, que vole la chauve-souris. A ce sujet, vous n'avez jamais trouvé
bizarre que l'on appelle "chauve-souris" un animal qui ,certes a parfois
un minois de raton, mais qui est toujours très poilu ?
Quelqu'un cannait-il la réponse à cette énigme dans la
salle ? Oui, madame nous vous écoutons. Bravo, c'est la bonne réponse,
vous pouvez vous raccrocher au plafond !
Trêve de plaisanterie : "chauve-souris" est tout simplement
une monumentale erreur de traduction. Au cours du haut moyen-âge on appelait
donc ces bébêtes "vespertilio", mais ce latin populaire
du nord de la Gaule s'est peu à peu transformé. La langue a évolué
et s'est mêlée au Francique : dans cette langue on désignait
ces animaux par le terme de "kawa sorix" qui signifie "chouette
souris". C'est-y pas chouette comme comparaison ? Une souris qui sort la
nuit, comme les hiboux, ne peut être qu'une "Chouette souris".
Puis la langue a encore évolué, "kawa sorix" est devenu
par le biais d'une traduction de quelqu'un certainement bien peu observateur
ou ne connaissant pas le francique "calvas sorices" et donc "chauve-souris".
Pauvre bête, affublée depuis le VIII eme siècle d'un nom
qui lui sied si mal !!!
| ORDRE |
SOUS-ORDRES |
FAMILLES |
GENRES et ESPÈCES |
| CHIROPTERES |
Mégachiroptères |
1 Famille
: les Pteropidés |
500 espèces
environ regroupées en plusieurs genres comme : les Pteropus les Roussettes les Vampires etc. |
| Microchiroptères |
15 Familles : Rhinolophidés Vespertilionidés Molossidés Phyllostomidés etc. |
500 espèces environ regroupées
en plusieurs genres comme : |
3.2 Différentes chauves-souris
ANATOMIE et PHYSIOLOGIE :
La chauves-souris est un mammifère bien adapté au vol. Ses membres antérieurs (bras et mains) ont évolué en s'allongeant pour donner, grâce à la membrane qui les réunit (patagium) une sorte d'aile. Leur envergure varie selon les espèces de 10 à 170 cm et leur pouce est muni d'une griffe. Leur corps est généralement couvert de poils, leur denture est semblable à celle des insectivores avec quelques variantes chez les vampires par exemple où les incisives sont en forme de gouge.
Leur patagium réunit les membres antérieurs aux membres postérieurs dont les pattes griffues disposent de ligaments qui se bloquent dans leur gaine sous la traction du poids de l'animal et leur permet ainsi de rester suspendues la tête en bas sans effort. Certaines seulement ont une queue, mais toutes ont un appareil auditif extrêmement bien développé et adapté à la perception des ultrasons.
ÉCHOLOCATION :
Plutôt qu'une mauvaise vulgarisation sur les capacités des chauves-souris à emmettre et à recevoir les ultrasons pour se diriger et chasser, il serait plus intéressant de lire l'article publié dans "Pour la Science"en 2002 dans le dossier N°32 et consacré à ce thème. (fichier Word zipé de 900 Ko environ). Pour consulter uniquement le texte de l'article, sans les illsutrations : CLIQUEZ ICI (fichier de 16 Ko uniquement).
DOCUMENTS :
Trois pages de "Souternet" pour mieux connaître quelques chauves-souris bien de chez nous :
Le trombinoscope
Liste des chiroptères français
La sonothèque
3.3 Vie et moeurs des chauves-souris
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Sur le globe terrestre, les chiroptères se nourrissent de façon extrêmement variée. En Europe les chauves-souris sont essentiellement insectivores. Une chauve-souris insectivore, peut avaler en une nuit jusqu'à un tiers de son propre poids en insectes divers : soit pour une noctule commune, par exemple, 10 g ou 1000 insectes par nuit. Voilà un moyen extrêmement efficace et non polluant pour se débarrasser de toutes les petites bébêtes que nous détestons tant, à commencer par les moustiques ! Ailleurs de par le monde, on peut rencontrer des chauves-souris qui se nourrissent de fruits, de pollen ou de nectar floral, de petits batraciens , de poissons et même de sang (avec les fameux vampires). Si certains chiroptères sont nuisibles dans quelques régions du monde (vampires qui blessent le bétail en Amérique du Sud ou chauves-souris frugivores d'Asie qui abîment les vergers), toutes les chauves-souris Européennes sont non seulement inoffensives mais également écologiquement très utiles.
JAN. FEV. MAR. AVR. MAI JUIN JUIL. AOÛT SEP. OCT. NOV. DEC. Calendrier type pour une chauve-souris insectivore européenne.
Dans le calendrier ci-dessus, les périodes rouges sont celles qui sont les plus sensibles pour les chiroptères et au cours desquelles il est vital de ne les déranger sous aucun prétexte. Si une cavité contient des chauves-souris en quantité non négligeable en été ou en hiver, il faut éviter absolument ces deux saisons et essayer de n'effectuer d'exploration qu'en automne ou au début du printemps, après les premiers beaux jours et le réveil des animaux. Même alors, des précautions simples comme celles qui sont citées au 3.5 ne seront pas superflues.
HIBERNATION :
Avec la baisse de la température extérieure, les insectes disparaissent. Les chauves-souris insectivores doivent survivre pendant de longs mois sans nourriture en saison hivernale : c'est la raison de leur hibernation. Elles choisiront pour cela des zones propices au repos, donc calmes et à la température relativement stable. Ces zones sont variables selon les espèces : pour ce qui nous concerne, nous spéléos, il faut noter que de nombreuses grottes peuvent abriter des colonies ou des individus isolés en hibernation des mois de novembre à mars. Les chiroptères vont vivre au ralenti, leurs battements de coeur vont diminuer ainsi que leur rythme respiratoire. Elles vont rester ainsi immoblies ne se réveillant que très sommairement pour boire et elles consommeront les réserves de garisses accumulées au cours de l'été. Tout réveil intempesti dans cette période peut donc leur être fatal : elles eront exposées au froid extérieur, dépenseront inutilement leurs réserves et pouront mourir d'épuisement !
DÉPLACEMENTS et MIGRATION :
Chez les chiroptères, il existe deux types de déplacements :
* les déplacements journaliers ou saisonniers sur leur domaine (parfois vaste de plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres) liés à la recherche de nourriture ou à leur cycle de vie.
* les véritables migrations annuelles attestées chez certaines espèces et liées au fait que les aires de reproduction sont souvent très éloignées des lieux d'hivernage (parfois plus de 1000 km). Des chauves-souris comme les Pipistrelles de Nathusius ou la Sérotine bicolore viennent passer l'hiver dans le sud et l'ouest de l'Europe alors qu'elles vivent de préférence dans le nord de l'Europe en été. Ailleurs dans le monde on connaît des cas de migrations plus spectaculaires encore, comme celui de Lasiurus cinereus qui migre du Canada vers le Mexique sur plusieurs milliers de kilomètres.
ACCOUPLEMENT, GESTATION et REPRODUCTION :
Les chauves-souris de nos contrées ont un mode de reproduction assez particulier pour des mammifères : les testicules des mâles restent à l'intérieur du corps et ne sortent qu'en période d'accouplement. C'est donc à ce moment là qu'il est le plus facile de différencier les mâles des femelles. Celles-ci ont une seule paire de mamelles et mettent bas, généralement d'un seul petit, après environ 2 mois de gestation (cette période peut aller jusqu'à 7 mois chez certaines espèces de chauves-suris tropicales). Autre fait remarquable, chez les chauves-souris des zones tempérées, l'accouplement a lieu au printemps et la fécondation en automne. Pendant tout l'hiver le sperme du mâle reste à l'abri dans le corps de la femelle où il garde son pouvoir fécondant.
Les chauves-souris peuvent se rencontrer sur presque toute la Terre : elles y ont des habitats variés. Il existe des chauves-souris arboricoles ou forestières qui vivent essentiellement dans les frondaisons ou dans les troncs d'arbres creux. D'autres préfèrent les abris que leur apportent les constructions humaines : toitures et charpentes, ponts, caves, clochers etc. Certaines ont une préférence pour le domaine souterrain : galeries de mines, grottes et avens, où elles trouvent des conditions optimales de température et d'humidité pour leur hibernation ou leur reproduction. Chaque espèce a ses préférences et en Europe on rencontre des chauves-souris des trois catégories sus-citées. Les Rhinolophes ou les Minioptères hibernent et se reproduisent dans les cavités, les Murins se partagent entre cavernes et bâtiments alors que les Noctules, les Sérotines et les Pipistrelles choisiront de préférence les arbres creux.
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