![]() |
LES CHRONIQUES DE «
Doc Carbur » N° 15 |
![]() |
Remerciements
Nous souhaitions nous lancer dans une chronique sur l'origine de l'éclairage et avions suspendu cette initiative car les pages publiées naguère sur le site « Cavalampes » étaient complètes et fort bien documentées. Suite à un message inattendu et providentiel, Doc Carbur put entrer en contact avec l'auteur de ce site spéléologue passionné de lampes anciennes. Il était vraiment dommage de ne plus pouvoir profiter du travail très intéressant publié sur « Cavalampes » qui, bien que référencé un peu partout, est aujourd'hui inaccessible sur le Web. Un immense merci à Cavannus, son auteur, qui nous a généreusement autorisé à utiliser le travail initialement écrit et mis en ligne par ses soins.
Un grand coup de chapeau également à un ami archéologue : Philippe TRONCIN qui nous a permis d'utiliser une exposition concernant l'éclairage préhistorique et les lampes antiques de l'association LONDRAS. Grâce à lui, un complément de la première partie de l'article de Cavannus a pu être réalisé.
Pour une fois, Doc Carbur n'aura pas fait grand chose dans cette chronique N° 15, à part quelques dessins et un peu de mise en page : fainéant va !
Sommaire
| 1. La lampe primitive >>> | |
|
Par un bel après-midi de juin, l’Homme des Cavernes découvrit le feu. Comme il vivait dans les cavernes et qu’il n’y faisait pas très clair, il remarqua que si le feu chauffait, cuisait, fumait, il pouvait aussi éclairer...
Ce type de lampe à huile sera le seul en usage jusqu’au XVIIe siècle : suivant les régions, on parle de « caleil », de « cracet », de « caléo »... Les formes resteront pratiquement les mêmes : un godet (réservoir), ouvert ou fermé, et un bec qui porte la mèche. Parfois un autre godet, sous le principal, permet de recueillir l'huile qui goutte (voir Figure 1). Des systèmes de crémaillère ou de vis permettent d'incliner le réservoir pour amener l'huile à la mèche lorsque le niveau baisse. Ces lampes en fer, parfois en bronze ou en laiton, sont à suspendre ou à accrocher ; leur « harpon » (voir Figure 2) se pose sur un clou, sur le rebord d'un meuble, ou se plante directement dans un mur ou une poutre. Le combustible utilisé varie selon les régions et les moyens du bord : huiles végétales de noix, colza, olive,... ou animales (baleine). Toutes n'ont pas le même coût ni les mêmes résultats : par exemple, le colza est moins cher, mais moins lumineux que la noix.
|
|
| 2.
Chandelles, brûle-jonc, éclats de bois, cierges et bougies
|
|
|
La lumière artificielle coûte cher, trop cher. Le plus souvent, le feu de l’âtre éclaire seul la table familiale lors des repas et des veillées. À cette époque, une alternative est réservée aux plus riches : c’est le cierge de cire. Il conserve les avantages de la chandelle et en élimine les défauts. Mais son prix en limite la diffusion dans les plus hautes sphères de la société. Dans la bougie stéarique, développée au milieu du XIXe siècle, on sépare chimiquement les deux composants du suif, l'acide stéarique et l'acide oléique. C'est le premier qui est conservé dans les bougies, en utilisant parallèlement des mèches de coton tressé, ce qui assure une flamme plus fixe et plus brillante que jamais. Le tressage permet à la mèche de se courber et de se consumer : inutile alors de la moucher ! La misérable chandelle disparaît alors, et la cire perd de son intérêt.
|
|
| 3.
Premiers progrès
|
|
|
À
partir du XVIIe siècle, le coton est importé des terres exotiques
et fait son apparition dans les mèches des chandelles et des lampes.
LÉGER, vers 1770,
propose des mèches en coton tissé, enduites de matières grasses
aromatisées, qui conduisent une huile épurée. Vers 1780, le chimiste français PROUST invente la lampe à niveau constant et à réservoir latéral : à l’intérieur du réservoir une sorte de cloche renversée retient l’huile, qui arrive régulièrement au bec situé sur le côté. Par ailleurs, ARGAND propose
son bec à double courant d’air : la mèche
n’est plus pleine, mais elle devient cylindrique (en forme
de tuyau), ce qui permet à l’oxygène de circuler à l’extérieur
et à l’intérieur de la flamme. On retrouve un peu le principe
de la mèche plate, mais le rendement et la luminosité sont meilleurs.
Il ajoutera une cheminée de tôle au dessus de la flamme, bientôt
remplacée par un verre cylindrique dès que le verre aura atteint
une qualité qui lui permet de résister à la chaleur. Ce verre canalise
l’air autour de la flamme et assure le tirage. L'ANGE remplace
le verre tubulaire par un verre coudé, étranglé
au niveau de la flamme, augmentant encore l’effet du tirage.
(Ce type de bec sera conservé jusqu’à nos jours ; légèrement
modifié, il équipe toujours les lampes à pétrole.) Antoine QUINQUET, associé à L'Ange, regroupe en 1784 ces trois inventions novatrices pour fabriquer la lampe qui porte son nom (voir Figure 7). Son principal apport, outre une excellente commercialisation, est de monter le réservoir et le bec sur une tringle verticale. Cette lampe, très populaire, pratique, fonctionnelle et simple, connaît un grand succès, malgré son défaut de projeter une ombre immense à cause du réservoir. En 1820 apparaît la lampe sinombre (du latin, sans ombre) de PHILIPS : le réservoir en forme d’anneau creux entoure le bec et supporte un abat-jour (voir Figure 8). L’huile coule vers la mèche avec un débit suffisamment important pour assurer une bonne combustion. À cause de son réservoir qui masque en partie la lumière autour de la lampe, on trouvera surtout ce type d’éclairage aux plafonds et sur les bureaux. Mais son réservoir est plat et non torique, ce qui fait que le débit de l’huile (toujours au même niveau, à quelques millimètres près) est constant, et que l’immense ombre du réservoir disparaît. |
|
| 4.
Les lampes mécaniques |
|
Toutes ces lampes, à cause de leur perfectionnement, réclament un entretien important. Il faut les remplir et les nettoyer, en évitant de se salir, régler ou changer les mèches, etc. |